La Place Blanche était
rouge
Sous le cuivre des rayons
Couvrant la mer de béton
D’une nouvelle aube
louche
Lui, assis le dos au mur
Attendait sans savoir quoi
Fixant les grandes parois
Surfaces vides, angles
durs
Près de lui, un cendrier
Posé à même le sol
Et toujours le même bol
Rempli du même café
Et toujours la sale envie,
comme Ian Curtis
De filer se pendre dans la
cuisine
De sentir la chaise qui
glisse
L’étreinte qui se
resserre autour de l’échine
Ou d'aller noyer ses
dernières haines
Tout au fond de la Seine
Ou d’aller noyer ses
dernières haines
Tout au fond de la seine
Il est resté dans la
turne
Par peur ou par lassitude
Ou tient à ses habitudes
Et la survie en est une
Les plus parisiens des
spleens
Deviennent comme le reste
Un luxe un peu indigeste
Parmi tant d’autres
routines
Et ou s’y fait sans
entrain
Comme à un deuil sans
tristesse
Une mauvaise maîtresse
Ou un trop bruyant voisin
Alors on laisse filer les
mois, les années
Les dernières chances de
s’en tirer
S’imaginant être lucide
En se faisant tout seul un
chantage au suicide
L’une après l’autre,
coule les semaines
Comme l’eau de la Seine
Et comme tout ça
Malgré nous nous ennuie
On se fustige sans répit
Et comme tout ça
Malgré tout nous tracasse
On se tient soi-même en
disgrâce
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